Essai sur la domination

domination

– J’ai beau retourner la question dans tous les sens, je ne vois pas d’autres alternatives, il faut que tu deviennes mon esclave dans une relation de domination.

De cette tirade s’ensuivit un silence, la réflexion s’imposait, ce n’était pas une affirmation à prendre à la légère et Jim le savait très bien. La discussion allait être compliqué d’autant qu’il était en mauvaise posture puisqu’il était à genoux en train de masser amoureusement les pieds d’Emilie.

-Je veux dire, tu vois bien que ce sera mieux pour nous deux, au moins on sera fixé.

Une réponse était nécessaire.

-Tu sais je ne pense pas que cela soit indiqué, nous avons déjà eu l’ébauche d’une discussion sur ce sujet, la conclusion bien que hâtive était que je n’étais pas d’accord et ce point de vue n’a pas changé depuis.

-Mais regarde toi, tu es là en train de me masser les pieds, ça fait des mois que je n’ai pas fait la cuisine, le ménage etc… C’est moi qui contrôle nos finances, j’ai un contrôle quasi-total sur ta vie, pourquoi ne veux-tu pas accepter ? Au final ça ne changerait pas grand-chose à ta condition.

Jim sentait que l’argumentation allait être compliqué, sa princesse avait clairement raison mais il voulait à tout prix garder le peu de libre arbitre qui lui restait, d’autant qu’il savait très bien ce qu’un contrat d’esclavage impliquait. Il savait que le désamorçage allait être difficile.

– Le quasi dans ta phrase est important, j’ai encore un minimum de degré de liberté, il serait notamment impossible pour moi d’avoir cette discussion si j’étais ton esclave.

Emilie le regardait avec amusement, elle se radossat sur le sofa pour accentuer sa supériorité et étirât son pied pour mieux ressentir le massage. Elle connaissait Jim par cœur, elle aimait son fort penchant soumis mais aussi sa capacité à résister, ce tempérament ne faisait qu’accentuer sa fierté de le dominer. Le challenge motivait son envie d’anéantir ses dernières réticences, le jeu pouvait commençait.

-Comment te considères-tu alors ?

-Comme un homme amoureux très attentionné envers sa femme.

-Deviens mon esclave, je sais qu’au fond de toi tu en meurs d’envie, ton désir te trahit, je sais que tu en rêve la nuit et te connaissant tu t’es déjà fait pleins de scénarii dans ce sens pendant tes moments de solitude.

-Je ne t’en donne pas assez ?

-Mon appétit ne cesse de croître, quand on commence à goûter à la vie de princesse, on a envie d’aller jusqu’au bout, j’ai envie de te façonner, de te tailler selon mes désirs. Je veux que tu deviennes ma chose, que tu m’appartiennes corps et âme. Je veux annexer ton monde et y imposer ma loi. Tu sais très bien que c’est ce qu’il y a de mieux pour toi et moi. Donne-moi le contrôle, le libre arbitre t’a toujours causé du tort, tu es rempli d’angoisses et on sait tous les 2 que tu te poses trop de questions. La dépression te guette à chaque instant, tu es en sursis pour l’instant grâce à moi, ton monde n’est pas adapté pour survivre. Laisse-moi supprimer tes libertés et tes droits, la seule chose qui te préoccupera se sera d’obéir à chacun de mes ordres et à me rendre divine. Laisse-moi porter ce fardeau à ta place ta vie deviendra plus simple et agréable. Il n y a que comme ça que tu trouveras le bonheur et la paix en toi.

La cartouche avait fait mouche, la vérité était tellement éclatante que Jim s’arrêta de masser les pieds d’Emilie et Dieu sait que peu de chose aurait pu détourner Jim de son trésor. Décidément Emilie lisait en lui comme dans un livre, son argumentaire était parfaitement adapté à la situation.

-Milie… C’est une histoire de complicité, nous avons besoin de ces moments à 2, à aller au cinéma, boire des bières ensemble, partir en vacances etc… J’ai bien peur que ces moments soient perdus à jamais si je deviens ton esclave. Tous nos délires, nos instants fragiles, nos câlins amoureux, l’infini bonheur de ta peau contre la mienne et nos étreintes éternelles, Tout ça risque de disparaître. ‘Milie je t’aime, oui tu as raison sur  nombreux points, mais je ne suis pas prêt, perdre ces moments me serait insupportable.

-Oui nous avons besoin de ces moments, mais faire de toi mon esclave ne les annihilera en aucun cas. Tu as lu beaucoup trop d’histoires sur le net ! Je ne te réduirai pas à l’état de larve ni d’objet ou de je ne sais quoi. Je veux juste que tu t’offres entièrement à moi, que je devienne ton essentiel. C’est une sorte de fusion que je te propose, je veux conditionner ton monde pour qu’il s’adapte parfaitement au mien. Moi la maîtresse, toi l’esclave, nous ne formerons qu’un. Nous aurons accès au plaisir partagé et au bonheur ineffable. Toi l’anticonformiste ça m’étonne que tu aies pris pour argent comptant toutes ces idioties que l’on peut lire sur le net, toutes ces fictions violentes où l’esclave est déshumanisé, anéanti. Je t’aime Jim et je ne te détruirai pas.

Un silence s’instaura entre les 2, Emilie regardait avec intensité Jim, Jim quant à lui était toujours les bras ballants le regard dans le vide, l’air pensif, complètement sonné. Emilie rompit cette ambiance en portant un coup de pied affectif au visage de Jim.

-Ne reste pas là à ne rien faire, va plutôt me préparer un thé et ensuite tu me masseras le dos, j’en ai bien besoin!

Jim sortit de sa léthargie pensive et alla préparer deux tasses de thés. Puis il revint vers sa dulcinée, lui tendit son breuvage, but quelques gorgées dans sa tasse puis se positionna derrière Emilie pour lui masser le dos. Le 2ème round allait pouvoir débuter.

-Tu m’as déçu, je ne suis pas une de ces pétasses gynarchistes qui croient dur comme fer que la femme est supérieure à l’homme. En croyant cela elles ne valent pas mieux que leur homologue masculin. D’autant que la gynarchie a un effet inverse, tous ces sites n’ont pour but que d’exciter les petits soumis de ton espèce, au final ils ont été créés pour assouvir tes désirs, je ne serais d’ailleurs pas étonner que des hommes soient derrière la création de ce mouvement puéril. Je ne comprends pas pourquoi les êtres humains cherchent toujours à démontrer leur supériorité, la réponse est pourtant simple, il n y a pas de dominant, de soumis, ou de je ne sais quoi, il y a juste des mondes et tous ces mondes sont différents. Prenons notre exemple mon monde est fait pour régir le tien, ton monde est fait pour s’adapter au mien, ce n’est pas plus compliqué que ça.

Jim détestait décevoir Emilie, c’était sa plus grande hantise, parfois elle en jouait mais cette fois-ci elle ressentait sincèrement des gouttes de déception, elle se doutait que Jim consentirait difficilement à devenir son esclave mais là il était complètement à côté de la plaque.

-Passe-moi ton thé!

Jim donna sa tasse à Emilie, celle-ci se racla bruyamment la gorge et crachat à plusieurs reprise dans la tasse de thé de Jim.

-C’est vrai que ce n’est pas une décision à prendre à la légère, mais réfléchis bien, est ce que tu vois une autre alternative ?

Jim regarda l’amas de crachat glaireux en suspension dans son thé, il se solubilisait lentement avec le thé, la fusion prenait un peu de temps du fait de l’inertie stagnante du liquide mais au final la salive et le thé ne feront plus qu’un, c’était inéluctable. Il contempla la mécanique de ce phénomène physique pendant quelques secondes puis pris une bonne gorgée et repris le massage.

-Tu as raison sur cette histoire de monde, j’en suis convaincu, cependant nous somme jeunes, on n’a même pas 30 ans, tu sais très bien que mon but premier dans la vie c’est d’avoir des enfants et de fonder une famille. C’est avec toi que je veux accomplir ce projet et je doute qu’il soit possible de le mener à bien si je deviens ton esclave, j’ai peur que l’équilibre soit trop fragile et impropre à l’éducation d’enfants.

-Viens en face de moi!

Jim se décala, Emilie commença à le caresser puis elle constata sa vive érection.

-Tu es excité depuis le départ ?

-Oui

Elle sourit.

-J’en étais sure, tu finiras par flancher.

Sur ces mots le couple entreprit de faire l’amour puis s’éternisa en câlins. Ils voulaient engranger le plus possible de gouttes de bonheur, les choses trop belles doivent être préservées.

-Tu veux bien me lécher les pieds ?

-Bien sûr princesse.

Jim se glissa au pied du sofa et lécha délicatement les pieds d’Emilie. Celle-ci s’allongea confortablement puis actionna son portable pour mettre de la musique, son choix se porta sur pyramid song de Radiohead et c’est sur le rythme saccadé du piano et le chant mélancolique de Thom Yorke qu’elle se laissa porté par ces délicieuses caresses, ils s’étaient bien trouvés.

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