Une vie d’esclave de pied

esclave de pied

Vendu lors d’un marché aux esclaves

Ma Maîtresse fit mon acquisition alors que j’étais encore très jeune, dans un marché aux esclaves pour que je devienne un esclave de pied. Entièrement nu, les cheveux en bataille, un chiffon en tissu noué autour de la bouche, mains et pieds liés par des chaînettes en métal et la peau tannée par le soleil et les coups de fouets, je fus mené jusqu’à elle, à moitié traîné par la laisse que j’avais au cou.

L’esclavagiste, d’un coup de trique derrière les jambes, me contraignit à m’agenouiller dans le sable, face à elle. Elle portait un voile bleu sur le visage qui ne laissait apparaître que ses yeux, et une longue robe mâte, dissimulant parfaitement son corps. Dans ce pays lointain dans lequel on m’avait emmené après m’avoir capturé, les dames étaient des déesses qui ne se laissaient voir que par leurs esclaves intimes et les époux de leurs harems. Les mâles étrangers n’étaient pas jugés dignes de poser les yeux sur leur peau et si, par mégarde, un homme était amené à voir une femme sans sa robe, il était très sévèrement puni.

Esclave, c’est ce que j’allais devenir. On ne m’avait pas demandé mon avis. En ce pays, les mâles étaient déjà considérés comme des êtres fortement inférieurs aux femmes. Les classes les moins aisées de la population, elles, étaient vues comme des animaux et traitées comme tels. Mais les esclaves étaient des objets, des outils purement utilitaires.

Découverte de ma Maîtresse

Ma Maîtresse vivait dans un palais de marbre cerné par des jardins à la végétation luxuriante, parsemés de fontaines scintillantes et de sentiers zigzaguant entre les arbres fruitiers. Je suivis ma Maîtresse à quatre pattes, le seul mode de déplacement autorisé pour les esclaves.

Ce ne fut qu’une fois à l’intérieur qu’elle me permit de la découvrir. Sa robe tomba au sol, dévoilant un corps sublime de princesse orientale, un faciès impérial, d’une beauté saisissante, et une longue chevelure noire lui descendant jusqu’au bas du dos.

Elle s’installa confortablement dans un siège en osier que deux serviteurs dénudés lui présentaient et croisa les jambes. Une jeune fille s’approcha. Une page.

 –Esclave, baise les pieds de ta maîtresse en signe de soumission !

Je m’exécutai et posai mes lèvres sur chacun des pieds de ma propriétaire. Celle-ci ne daignait même pas me regarder.

-Ma Maîtresse t’a choisi pour faire de toi son esclave de pied attitré, un être dont l’existence toute entière serait dédiée à l’adoration de ses pieds. Jadis tu fus humain, mais désormais tu n’es plus qu’un objet. Ta langue lui appartient, et elle en usera pour nettoyer ses pieds après avoir marché, ou les rafraichir en cas de chaleur. Ton nez est siens, et il lui plaira de te voir humer la senteur de ses pieds, parfois. Ton visage n’existe que pour que ses pieds s’y reposent et s’y prélassent. Tes mains n’auront d’autre utilité que de les masser, les laver, les porter, les chérir. As-tu compris ?

 Je hochai la tête, docile.

 –Alors baise-les encore jusqu’à ce qu’il te soit autorisé de t’arrêter !

 J’obéis et embrassai le dessus des pieds de ma Maîtresse durant de longues minutes. C’est elle-même qui m’intima de cesser.

Début de ma vie d’esclave de pied

Et c’est ainsi que débuta ma vie d’esclave de pied.

Au début, on me forma et je ne vis plus ma Maîtresse pendant près d’un an, le temps que mon entraînement soit finalisé. Au cours de cette année, des matrones âgées d’une cinquantaine d’année, au service de ma maîtresse, se chargèrent de m’inculquer tout ce que je devais savoir. Elles étaient quatre.

La nuit, je dormais dans une petite cellule avec pour seule chose, entre moi et le sol de pierre, un tapis de paille séchée. Nu, évidemment, car il ne m’était plus permis de porter des vêtements, privilège réservé aux humains. Le matin, une petite trappe située au bas de la porte de la pièce s’ouvrait et une matrone glissait dans la cellule un bol empli d’une purée sans goût, chargée d’eau, et d’un quignon de pain. Je dévorais le tout goulûment car en dehors de ce repas matinal très frugal, on me nourrissait peu.

Ensuite, une matrone venait me chercher et me passait une laisse au cou que j’avais à porter toute la journée. On m’emmenait dans une pièce adjacente où on me décrassait sommairement. Puis, je devais m’allonger à même le sol et l’une des matrones, jamais la même deux jours de suite, venait s’installer sur une chaise en bois où elle se mettait à coudre, peindre, lire ou s’adonner à d’autres activités diverses. Moi, allongé au sol, je servais de repose-pied. La matrone ôtait ses chaussons et déposait ses pieds sur mon visage. Le premier était posé sur ma bouche, maintenant mes lèvres closes et m’empêchant d’émettre le moindre son, et le second était posé sur mes yeux, me plongeant dans le noir complet.

Apprentissage

Il m’était alors interdit de bouger, même légèrement. Objet j’étais, objet je demeurais. La seule chose qui m’était autorisée à faire était de respirer profondément l’odeur des pieds de la matrone, de la graver en moi, d’en emplir mes poumons. Je devais vénérer cette odeur lourde et âcre de transpiration et de cuir.

Les matrones me répétaient souvent que l’air frais et pur était réservé aux humains. Les esclaves de pied devaient se contenter d’humer l’air gravitant autour des pieds de leur propriétaire.

C’était l’apprentissage par l’odeur. Cela occupait la totalité de la matinée.

Dès midi commençait l’apprentissage par le goût. Une matrone différente de la précédente me traînait dans une nouvelle pièce. Ses pieds étaient sales, noirs de poussière et de crasse. Elle avait marché pieds nus dans le palais et les jardins toute la matinée durant, puis sans les laver, enfilé des bottes épaisses en laine et s’était prélassée au soleil. Ainsi, ses pieds avaient considérablement sués.

Mon rôle était de nettoyer les pieds de la matrone avec une grande minutie. Ma langue devait s’infiltrer entre ses orteils, laper ses plantes de pied moites des heures durant. On me répétait régulièrement qu’un bon esclave de pied pouvait se nourrir exclusivement de la saleté sous les pieds de sa maîtresse. Poussière, peaux mortes, crasse sous les ongles. Rien ne devait me dégoûter, bien au contraire. Je devais me forcer à aimer ça, à apprécier d’être rabaissé plus bas que terre et d’être considéré comme un être si inférieur à toute chose vivante que des pieds crasseux constituaient pour lui un met de choix.

Pour que je me concentre sur le goût et uniquement sur lui, on me bandait les yeux et l’on me couvrait les oreilles avec des tissus serrés.

Giflé par la matrone

Chaque matrone portait une cravache à la ceinture, plus adaptée au traitement de chevaux qu’à celui d’esclave, mais on ne m’épargnait rien. Pour me rappeler à l’ordre, on me donnait quelques coups sur la croupe ou sur le dos. Mais si une matrone me jugeait trop lent à lui sucer les orteils ou trop peu concentré lorsque j’embrassais sa voûte plantaire, elle m’assénait une gifle, signe qu’une punition allait m’être donnée, et plutôt que d’utiliser sa cravache, elle saisissait l’un des martinets accrochés aux murs de la pièce.

La première fois fut des plus pénibles.

-A quatre pattes, présente-moi ton postérieur, m’ordonna la matrone d’un ton sec en se levant de sa chaise, après avoir ôté le tissu sur mes oreilles. Cambre bien les fesses !

Puni par une matrone

En voyant les lanières de cuir menaçantes se balancer au bout du manche en ivoire qu’elle tenait fermement, je perdis toute contenance et rampai devant elle, tremblant comme une feuille.

-Pitié, ne me battez pas !

-Tu oses contester ma décision de te punir ?

-Non, honorable Dame, votre décision est juste et je l’ai entièrement méritée. Mais je vous en supplie, je fais appel à votre bonté, ayez pitié de moi !

-Quel est le rôle qui t’a été attribué lorsque tu es venu au monde ?

-Servir les pieds de ma Maîtresse, les vénérer comme des dieux et les baiser avec adoration.

-Lorsque je t’ai présenté mes pieds pour que tu les lèches et les décrasses, tu as marqué un instant d’hésitation. N’est-ce pas impardonnable ?

-Si, honorable Dame. 

-Supplie-moi de te punir.

 Penaud, je baissai les yeux.

Je vous supplie de me punir, honorable Dame, et de m’infliger le juste châtiment que je mérite pour avoir hésité à vous lécher les pieds lorsque vous me les avez présentés. 

-Bien. Je vais maintenir te châtier comme il se doit. Cul relevé, visage contre le sol. Immédiatement ! Tu es autorisé à pleurer et à me supplier d’arrêter, si cela te soulage. 

Fin de la punition

La matrone abattit alors son martinet sur mes fesses à plusieurs reprises, cinglant mes cuisses sans la moindre pitié. Je sursautais à chaque coup, me courbant du mieux que je le pouvais comme si cela pouvait me permettre d’échapper à ma punition. Mais les coups pleuvaient et des lignes rouges apparaissaient une à une sur mon postérieur. La matrone tourna autour de moi sans cesser de frapper. Je me mis à gémir, puis à sangloter.

Les minutes qui s’écoulèrent alors me parurent être des jours entiers et quand elle termina enfin sa besogne, j’étais exténué, les joues luisantes de larmes.

-Regarde-moi !

Je levai la tête. Elle engouffra alors son pied gauche dans ma bouche, presque à moitié, m’étouffant et m’étranglant dans le même temps. Je voulus tousser et cracher mais son pied emplissait ma bouche et la bloquait parfaitement. Me maintenant ainsi la tête droite et les mâchoires écartelées, ses orteils jusqu’au fond de ma gorge, elle plongea son regard dans le miens.

-Ne recommence plus jamais ça.

Fin de l’apprentissage

esclave de pied

Bien entendu, je fus amené à commettre d’autres erreurs durant mon apprentissage, et à subir des punitions bien plus terribles, mais c’est celle-ci qui me marqua le plus et acheva de faire de moi un objet déshumanisé, entièrement voué à l’esclavage. On m’avait brisé et remodelé selon les désirs de ma maîtresse. Esclave de pied j’étais, et je le resterais jusqu’à la fin de mes jours.

L’année s’écoula et arriva le jour où l’on me mena devant ma Maîtresse. Elle n’avait pas changée. Mais moi si. J’étais devenu l’esclave de pied parfait, pur objet de désir et de satisfaction.

Elle tendit son pied vers moi. Je l’embrassai avec une délicatesse extrême et une maîtrise de mes gestes absolue. La matrone qui se tenait derrière moi me fouetta les fesses pour me faire redresser et j’obéis dans la seconde même. Je vis que ma Maîtresse souriait.

J’étais comblé.

Une nouvelle vie commençait pour moi.

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