La chasteté masculine, Sublimation de l’amour? (1)

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Par S, propriétaire de Son mari et esclave mâle, 

 

Rien n’est plus beau pour une femme que de se sentir aimée comme jamais. De recevoir toute l’attention de son compagnon et d’être servie comme une Reine. Dans un couple, l’homme qui non seulement accepte de se soumettre à la volonté de sa femme pour ne plus jouir qu’exceptionnellement (voire plus jamais) mais encore offre, avec le port d’un dispositif de chasteté masculine, le contrôle physique total de sa sexualité à sa partenaire, devient comme on le sait aimant et dévoué, mais aussi apaisé malgré sa frustration totale et permanente. Car, en plus d’être maintenu dans un état de désir constant en raison de l’interdiction d’éjaculer que sa femme lui impose par sa seule volonté, il est également, par l’emprisonnement physique de son membre, paradoxalement, libéré de ses pulsions sexuelles.

Ou plus exactement, l’impossibilité physique pour son sexe de ressentir le plaisir auquel il aspire naturellement (notamment en se masturbant) – à laquelle le contraint le port d’un dispositif de chasteté masculine (ceinture ou cage mais, dans cet article, je ne parlerai que de la cage car c’est le dispositif que, d’un commun accord, mon mari et moi avons décidé de lui imposer depuis quelques années) dont sa femme détient la clé – le libère du besoin de rechercher ce plaisir vers lequel ses pulsions sexuelles voudraient le voir tendre et qu’il sait désormais impossible.

homme soumisCage de chasteté : faut-il l’imposer?

La question se pose donc de savoir, pour les couples déjà familiers du déni d’orgasme masculin, si cette pratique peut s’envisager de façon durable sous forme purement psychique ou s’il est nécessaire, pour qu’elle s’épanouisse, de lui adjoindre une contrainte physique comme celle qu’impose le port d’une cage de chasteté. Pour être franche, je ne pense pas qu’il existe une réponse unique ou définitive à cette question. Chaque couple vit sa relation – et sa sexualité – à sa façon, y compris parmi ceux au sein desquels l’homme est tenu à une chasteté plus ou moins totale.

Dans cet article, je ne souhaite imposer mes vues à qui que ce soit, mais plutôt donner l’éclairage qui est le mien sur la question posée compte-tenu de l’expérience que mon mari et moi avons dans ce domaine. Je profite également de ces lignes pour donner, à celles et ceux qui souhaitent franchir le pas, quelques conseils pratiques issus eux aussi de notre vécu.

La contrainte psychique éveille tous les sens de l’homme et met sa libido à fleur de peau, les sensations de désir pour sa partenaire sont exacerbées et quasi permanentes. De nombreuses études ont été publiées sur ce sujet, et il est désormais démontré scientifiquement pourquoi et comment l’absence d’orgasme chez l’homme – qui maintient ses taux de dopamine et d’ocytocine à des niveaux élevés sans l’effet inhibiteur de la prolactine, faute d’éjaculation – stimule non seulement son désir sexuel pour sa partenaire (effet dopamine), mais aussi son désir de la satisfaire et de la servir à un point qui peut confiner à une forme puissante de dévotion (effet ocytocine).

Quelles durées pour les périodes de chasteté masculine?

 

Des statistiques récentes montrent que la proportion de couples pratiquant le déni d’orgasme masculin de façon épisodique ou permanente est en constante progression, avec une multiplication par plus de 4 au cours des 20 dernières années (et aussi apparemment avec un allongement de la durée de vie de ces couples, mais ce n’est pas ici mon propos). Pour ce que ça vaut, même si, pour des raisons évidentes je n’aborde que très rarement ce sujet avec des tiers, je suis moi-même assez étonnée, lorsque je le fais, du nombre de couples que je connais et qui, à des degrés divers, sont familiers de ce type de relation, ou y sont au moins réceptifs. Et pourtant, je vous garantis que mon mari et moi ne faisons partie d’aucune communauté BDSM, fétichiste ou autre !

Une des premières questions qui se pose, lorsqu’on installe la chasteté masculine au sein du couple, est celle de la durée des périodes de chasteté ou, à l’inverse, celle de la fréquence des orgasmes autorisés à l’homme. Cette question fait débat et les avis sont partagés. On a longtemps dit que l’absence prolongée d’éjaculation pouvait créer des problèmes de dysfonctionnement érectile et des troubles liés au fonctionnement de la prostate.

Sur le premier point, je peux dire d’expérience que ce n’est pas le cas général, le membre de mon mari étant toujours aussi réactif, si ce n’est plus, bien que je lui impose désormais des périodes de chasteté d’une durée parfois supérieure à 6 mois. Quant au second, qui conduit certaines femmes à pratiquer la « traite » du mâle (massage prostatique conduisant à une éjaculation en théorie sans orgasme limitant la montée du taux de prolactine et donc la période réfractaire pendant laquelle l’homme perd son besoin de dévotion), je suis dubitative puisqu’il est bien connu que, avec ou sans orgasme, la prostate évacue naturellement le trop-plein de sperme via l’urètre lorsque l’homme urine.

Conseils pour passer la période réfractaire

Le point important ici réside dans la durée et l’intensité de la période réfractaire, qui peuvent varier considérablement avec le sujet, selon son âge, sa libido, etc… Pour certains cette période est quasi-inexistante, quand elle peut durer jusqu’à deux semaines pour d’autres. De plus, elle n’est pas constante et peut varier significativement d’un orgasme à l’autre pour le même sujet. Tout cela rend difficile d’édicter une règle générale en la matière. Le mieux pour le couple est probablement de faire un ou deux tests : après une période de chasteté totale suffisamment longue pour être significative (au moins quelques semaines), autorisez votre mari à jouir et observez son comportement.

Vous verrez très vite si un changement notable s’est opéré en lui après son éjaculation : vous est-il spontanément toujours aussi dévoué, ou sentez-vous que son enthousiasme à vous servir flanche, et dans quelle mesure ? Demandez-lui de vous dire ce qu’il ressent en toute honnêteté et, selon sa réponse et votre feeling, à vous de décider si vous souhaitez lui laisser la bride sur le cou pour quelque temps (pas plus de deux ou trois jours à mon avis) ou si au contraire vous voulez le remettre très vite dans le droit chemin.

Mais soyez certaine d’une chose : il y reviendra de toute façon car, dans une relation où la chasteté masculine imposée par la femme est librement consentie par son partenaire, le consentement de l’homme est révélateur de sa nature profonde qui est de se vouer corps et âme à celle qui contrôle sa sexualité. Une fois qu’il a goûté aux délices de cette relation, il lui est extrêmement difficile d’y renoncer. Il peut d’ailleurs en être de même pour vous, ne pensez-vous pas ?

Chasteté masculine, acte de soumission très fort

 

chasteté masculine

Dans certains couples, d’ailleurs, le problème de la période réfractaire est réglé en n’autorisant plus jamais l’homme à jouir. Je n’ai pas à juger les choix des uns et des autres mais, à titre personnel, je trouve cette voie un peu extrême, et ce n’est pas celle que j’ai choisie. Cela fait près de quatre ans que je contrôle la sexualité de mon mari et, après quelques tâtonnements, il semble que nous soyons parvenus à atteindre un bon « équilibre » en lui autorisant en moyenne deux à trois orgasmes par an, suivis à chaque fois d’une période réfractaire de 24 heures. Il est vrai que cette fréquence tend à décroître avec le temps, mais je ne pense pas pour autant qu’il arrivera un jour où je lui imposerai de ne plus jamais jouir. Nous verrons bien.

Une chose est sûre en tout cas : nous n’aurions pas été capables de réguler aussi strictement et, j’ose le dire, aussi facilement, la sexualité de mon mari si nous n’avions, d’un commun accord, décidé de lui faire porter une cage de chasteté.

La décision d’imposer à l’homme une contrainte physique, via le port d’une cage de chasteté qui, pour avoir un sens, doit évidemment être réellement inviolable, est une évolution naturelle et fréquente de la « simple » relation dans laquelle il accepte d’être privé d’orgasme. Elle en est un raffinement dont les effets varient au gré de l’intensité – autrement dit la permanence – avec laquelle la cage est imposée à l’homme.

Et elle est bien entendu lourde de sens en ce que la femme, détentrice de la clé qui permet d’emprisonner – et de libérer – le membre et les testicules de son partenaire, devient en quelque sorte propriétaire de cet appareil génital et, partant, du mâle qui partage sa vie.

S’il est indéniable que l’acceptation par l’homme du port d’une cage de chasteté dont la clé est détenue par sa femme est un acte de soumission extrêmement fort du mâle à sa partenaire, elle ne doit cependant pas être réduite à une simple pratique BDSM dégradante comme certains tendent à le penser. Oui, l’homme qui offre physiquement à sa partenaire le contrôle total de sa sexualité se place sans l’ombre d’un doute en position d’infériorité par rapport à elle, plus encore que lorsque son interdiction de jouir n’était que psychique. Et oui encore, sa dévotion devenue extrême en raison d’un taux d’ocytocine maintenu de force à un niveau très élevé le rapproche un peu plus de l’état d’esclave puisqu’il s’épanouit dans la recherche du bien-être, sans contrepartie, de celle qui détient la clé de sa sexualité perpétuellement insatisfaite.

Chasteté masculine, acte d’amour réciproque au sein du couple!

On peut donc certainement dire que s’établit ainsi une relation Maitresse/esclave, ou Propriétaire/objet, mais elle n’est pas issue d’une proposition au départ sadomasochiste, même si le sadisme de l’une et le masochisme de l’autre peuvent parfois s’exprimer dans cette relation. Il s’agit, en réalité, d’un acte d’amour profond et réciproque au sein du couple, qui engage les deux partenaires tout autant l’un que l’autre. En effet, si, sur le papier, il semble plus confortable d’être la détentrice de la clé servie par son esclave qu’être le mâle contraint à la chasteté masculine qui sert sa Maitresse, la réalité est en fait bien plus complexe car la direction des opérations qui incombe naturellement à la femme dans son rôle dominant nécessite constance et doigté dans le maintien d’un respect et, j’ose le terme, d’une admiration mutuels sans lesquels, je le pense sincèrement, cette relation ne peut s’épanouir sainement.

Vous l’avez compris, je parle là encore d’expérience : je domine mon mari, c’est certain, et quelque part je le possède, mais je le respecte et l’admire pour tout ce qu’il est tout comme, je le sais, il me respecte et m’admire pour ce que je suis et pas seulement parce qu’il m’appartient.

Je l’ai dit, mon but ici n’est en aucun cas de vouloir imposer mes vues. Si, au sein de votre couple, vous pratiquez déjà psychiquement le déni d’orgasme masculin, à vous de juger si vous souhaitez explorer la voie plus engageante de la contrainte physique et du contrôle total. L’éclairage que je donne plus haut, issu de notre expérience que, peut-être immodestement, je juge réussie, permettra peut-être de faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Si, au bout du compte, vous décidez de vous engager dans cette voie, voici quelques conseils pratiques qui pourront, le cas échéant, s’avérer utiles.

A suivre

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